vendredi 28 mai 2010

Cherche femme de ménage pour la case des billets douxmeur

Depuis que j'écris les billets douxmeur, j'ai des oreilles et des yeux 'achement plus grands. Aux aguets en quelques sortes. ça n'est pas une tension permanente et empoisonnante, faut pas déconner quand même. C'est juste qu'au moment où je vis les choses, j'ai parfois l'impression qu'elles se calent ou pas dans la case des billets douxmeur et qu'elles en ressortent lorsque mes doigts se posent sur le clavier. Le tiroir s'ouvre et, plus ou moins consciemment, il en sort les trucs qui m'on fait rire, qui m'ont posé question, qui m'ont plu, qui m'ont heurté, etc, etc. Pis dès fois, ça se mélange, ça se chevauche. J'avais l'impression de tenir un truc et puis, il s'est envolé. Finalement, il ne valait pas le coup. Le tiroir l'a laissé filer. Je ne sais plus bien si c'était drôle ou pas, ou triste ou pas, ou incroyable ou pas.

ça me fait ça depuis quelques jours. Et je crois que c'est un peu corrélé à mon activité professionnelle qui prend un malin plaisir à s'accaparer mes neurones, les rendant indisponibles pour toutes autres activités que travailler et comater.

Du coup, aujourd'hui comme les jours derniers, tous les tiroirs sont ouverts. C'est le bordel dans la case des billets. Et voilà ce qui naît sous mes doigts :

- Non, non, non, Falcor n'est pas dans mon bureau. Le mystère est résolu. Le grondement sourd, le ronronnement du Falcor endormi et bien, bon, ben en fait, disons que, il s'avère en réalité que, bon ben, c'est la nouvelle cafetière du bureau. Oh ça va hein ! Pas de moqueries ! La cafetière imite à la perfection le râle falcorique. Bravo à elle. Moi, j'ai maintenant 1) l'air con 2) moins peur de venir travailler.

- Depuis deux jours, j'ai reçu de la part de quelques proches pas moins de 3 photos de Marc Lavoine prises au détour d'une rue : Marc Lavoine à l'affiche d'un film, Marc Lavoine pose pour Cerrutti (celle-ci est à tomber soit dit en passant...) Je me dis donc 1) franchement, je connais des gens sympas 2) des gens sympas qui pensent à moi 3) au point de s'arrêter dans la rue prendre une affiche en photo avec leur portable 4) au point de prendre le temps de m'envoyer la-dite photo par mail 5) que tout ceci frise l'obsession, j'ai l'impression d'être droguée-Marc-addict.

- Je suis tombée ce matin sur cette photo de l'acteur de la série Arnold Willy et ... ça fait bizarre...
C'est lui mais en vieux en fait. Et ben ça suffit à faire bizarre...


- Je me suis mangée mais alors sévèrement mangée un put... d'enc... de trottoir ce matin. Ce qui a eu pour effet immédiat l'éclatage complet et sans négociation possible de mon pneu arrière. La sentence a été irrévocable. La série des merdes avec ma voiture est donc officiellement lancée. René était loin, mon portable n'avait quasi plus de batterie, impossible de se connecter aux pages jaunes, j'ai du appeler 4 taxis avant d'en trouver un, j'avais avec moi un appareil photo, un pc portable, un vidéoprojecteur, un sac avec des boitiers de vote pour animer des tables rondes, un sac à main, un sac avec ma gamelle du midi comme quand je descendais travailler à la mine, le taxi s'est garé à l'autre bout du parking et m'a poliment regardé arpenter le goudron chargée comme une mule au point que j'ai même regretté que mes 4 mois de grossesse ne se voient pas davantage conard. Enfin, ça ressemblait un peu à un truc du genre : tu te lèves, tu te cognes le petit orteil dans le pied du lit, y a plus d'eau chaude, tu glisses en sortant de la baignoire, ta serviette est encore mouillée, tu renverses ton café sur la nappe, tu casses 4 biscottes sur 4, tu fais tomber ton portable en prenant ton sac à mains, le portail électrique ne s'ouvre pas, y a des embouteillages, tu avais oublié que tu avais un rendez-vous, y a une tâche sur ta jupe. ça pourrait donc être pire. Surtout que mon mari René a juste dit : "De toutes façons, tes pneus, il fallait les changer." Et ça, ça, ça là, ce genre de réactions et ben c'est aussi pour ça, que je l'aime très fort mon mari.

Voilà à peu près. En vrac. Un tout petit peu en vrac...

mardi 25 mai 2010

Oui, oui, oui ou "le week-end jouissif"

Là-bas, dans cette contrée lointaine, la vie est douce. Elle s'écoule lentement. Elle se fiche du tic-tac de la montre. Dans cette contrée lointaine, il n'y a que les gens que vous aimez. Ils sont là, ils rigolent avec vous, se prélassent, vous passent le plateau de fruits de mer, vous servent du vin, vous étalent la crème solaire dans le dos, vous demandent si vous avez bien dormi. C'est une contrée lointaine qui semble souvent inaccessible. Elle fait rêver. La contrée des vacances. Première escale lors d'un week-end de trois jours. Escale trop courte mais escale quand même. Car ce week-end avait clairement un goût de trop peu. C'est sûr, c'est carrément mieux qu'un week-end de deux jours ! Mais quand même, qu'est-ce que ça donne envie...

Ce week-end, Julien et Jessica se sont dit "oui". Et ça, ça donne envie de s'aimer encore plus fort. ça donne envie de dire "oui" à tout plein d'autres choses. D'ailleurs, des "oui", il y en a eu plein de week-end :

- Tu viens te baigner ? Oui.
- Elle ma va bien ma robe ? Oui.
- Tu m'aimes ? Oui.
- Tu danses ? Oui.
- Je rêve où il m'a piqué ce con... de moustiques ? Oui.
- Les mariés sont beaux. Oui.
- On serait bien restés un peu plus longtemps, non ? Si.
- Tu veux bien beurrer ma tartine ? Oui.
- Tu crois que Gaël Monfils va gagner ? Oui.
- Il fait beau ou pas dehors ? Oui.
- Il fait chaud ? Oui.
- J'ai l'impression qu'on est les plus beaux... Oui.
- On se fait un barbeuc ? Oui.
- Parti pour un Borriquito ? Oui.
- C'est ton anniversaire aujourd'hui ? Oui.
- Y a encore 3 plats avant le dessert ? Oui.

Et je ne parle pas des :
- Je te sers du vin ? Oui.
- Je te ressers du vin ? Oui.
- Je te reressers du vin ? Oui.
- Je te rereressers du vin ? Oui.
- Je te sers une bière ? Oui.
- On va se chercher une bière ? Oui.
- Tu reprends une bière ? Oui.
- Tu veux une goutte ? Oui.
- Une dernière goutte pour la route ? Oui.
- Tu veux un Doliprane ? Oui.
- C'est peut-être mieux que je conduise ? Oui.


Mon Dieu que tout ça était bon...

vendredi 21 mai 2010

Qui a allumé la lumière ?

Le jour où on découvre le "C" qui se cache dans le logo de Carrefour.
Le jour où on découvre que la rue Machin donne sur la rue Bidule alors qu'on n'avait jamais vu ça sous cet angle.
Le jour où on découvre que ce client avec qui on a déjeuné est le beau-frère d'une collègue.
Le jour où on découvre que Calogero chante "en apesanteur" et non pas "on a besoin d'air".
Le jour où on découvre que Doc Gynéco chante "dans la misère et les cris" et non pas "dans la misère électrique" (ce qui était somme toute beaucoup plus poétique mais aussi beaucoup moins compréhensible...)

Qu'ils sont beaux et heureux ces jours où l'étincelle naît dans nos yeux (et dans le cerveau qui se cache juste derrière nos yeux...). Ces jours où l'on comprend enfin les choses. Ces jours de vérité. Rares et précieux. On se demande comment était la vie avant de comprendre ça.

Ce jour est de ceux-là. Béni soit ce jour.

Car figurez-vous que la chaîne de télé W9 appartient au groupe M6. Et surtout que W9, c'est M6 à l'envers.

W9 - M6

Alors là, j'en reviens toujours pas...

jeudi 20 mai 2010

Falcor is in my space


Il se passe un truc bizarre depuis quelques jours. J'ai l'impression de vivre dans un épisode de Lost avec des voix qui chuchotent et murmurent... Quelques minutes, plusieurs fois par jour, j'entends des bruits bizarres dans mon bureau. Comme si une grosse bête se réveillait doucement de son sommeil. On dirait les ronflements graves et amicaux de Falcor, dans l'Histoire sans fin.
Au début, j'ai pensé à la voix lointaine d'un collègue, qui m'arriverait de façon sourde et étouffée. Mais ça n'est pas ça. Et je ne sais pas ce que c'est. ça gronde sourdement. Je pense donc qu'il y a une bête cachée quelque part dans mon bureau, sous mon bureau, dans le plafond de mon bureau, derrière les murs de mon bureau, sous la moquette de mon bureau, et qui de temps en temps, ronronne paisiblement en changeant de position. Je ne vois pas d'autre explication.

Avouez que c'est bizarre.
Ou c'est moi qui suis bizarre. Parce que j'entends des bruits, parce que j'ai des poêles trop grandes pour mes tupperware, parce que je pense avoir mes chances avec Marc Lavoine, parce que ce matin, j'ai trouvé que ça sentait la tomate-mozarrella-huile d'olive-basilic dans la rue alors qu'il n'y avait même pas de resto...

Je me fais un petit peu peur...

Pourvu que la bête ne se réveille pas...

mardi 18 mai 2010

Quand un dessin aurait mieux valu qu'un long discours...

Aujourd'hui, j'aurais aimé avoir des talents de dessinatrice pour vous faire une belle et limpide représentation graphique d'une situation hautement existentielle que j'ai vécu hier soir. Car je sens bien que les mots ne suffiront pas, ne seront pas suffisamment forts, pas suffisamment évocateurs, pas suffisamment explicites. Alors qu'un dessin aurait été tellement plus clair...
Vous y auriez tout de suite vu avec évidence la situation incroyable que j'ai vécu.
Vous auriez compris d'un seul coup quel fût mon désarroi.
Vous auriez saisi la complexité d'un tel cas de figure.
Mais je m'incline. Je n'ai que des mots dans ma besace. Que des mots pour partager avec vous le fameux cas de figure. Je vais tenter de le résumer en une phrase.

Quand vous avez une graaaande poêle pleeeeine de nourriture et que vous essayez de verser le contenu de cette poêle dans un tupperware dont le diamètre est beaueaueaueaucoup moins large que celui de votre poêle, mais comment faites-vous pour ne pas en mettre plus à côté du tupperware que dans le tupperware ?

Nan, sérieusement, vous voyez ce que je veux dire ? Y a tout ce qui est en périphérie de la poêle qui se barre sur les côtés et à cause de la loi de l'attraction terrestre de la force qui pète je sais plus quoi, et ben t'as même pas le temps de centraliser le contenu qu'il est déjà barré et répandu avec grossièreté et lâcheté (oui, oui, lâcheté) partout à côté du tupperware.

Au-delà du fait que ma vie soit trépidante, ne me dites pas que vous ne trouvez pas ça fou et révoltant et insupportable et honteux et tragique et agaçant et frustrant ?

Nan mais vous voyez ce que je veux dire ? Je suis claire ?

Vous voyez pas ?

Aaarghh, je savais qu'il aurait fallu un dessin...